Les satellites de télécommunication – II Développement des satellites commerciaux et leurs opérateurs

Désormais l’utilisation des satellites des communications est bien assurée (voir ce précédent article), en proportion avec l’évolution des télécommunications terrestres qui commencent à les utiliser pour l’internationalisation, puis le développement commercial et domestique apparaît dans les années 70, et des opérateurs régionaux ainsi que des organisations internationales permettant de les exploiter voient le jour dans la foulée. Intelsat en 1964 qui comporte aujourd’hui plusieurs pays embres de partout dans le monde,Eutelsat, en 1977, gère les satellites commandés par l’ESA (Agence Spatiale Européenne) et Inmarsat, crée en 1979, concerne les satellites de télécommunications maritimes.
Intelsat fournit d’abord des télécommunications purement téléphoniques, avant d’élargir son spectre aux domaines télévisuels, radiophoniques et internet et gère actuellement 53 satellites, regroupés sous plusieurs séries du même nom numérotées en chiffres romains. Eutelsat fait de même, en facilitant les télécommunications spatiales entre l’Europe et le monde avec 38 satellites, qui depuis 2012 ont pour nom de code Eutelsat avec une classification comportant un chiffre correspondant à sa position orbitale et une lettre indiquant son ordre d’arrivée en orbite. Inmarsat, nomme ses satellites de la même manière qu’Intelsat.
La première série de satellites de télécommunications purement domestiques, Anik (qui existe toujours) a été lancée dès 1972 par le Canada, mais la couverture est restreinte au territoire canadien. Ils servaient à retransmettre la télévision, la téléphonie et la radio. La classification de ces séries de satellites se fera par une lettre au fut et à mesure des améliorations en nombre de voies de communications et de puissance de bande de transmisison-réception ainsi qu’en durée de vie (de 8 à 15 ans).
Les satellites de télécommunication passent ainsi de quelques centaines à plusieurs milliers de voies de téléphonie simultanées, d’une ou 2 chaînes de télévision à plusieurs centaines, de répéteurs (dits aussi transpondeurs) de plus en plus puissants, d’utilisations simultanées de plusieurs bandes de fréquences (bande C, bande S, bande Ku, bande Ka…), d’antennes de plus en plus nombreuses (les premiers satellites à avoir des antennes paraboliques grand gain sont ceux de la série Intelsat III en 1975). Ainsi que dans leur orientation spatiale et leur position en orbite : la série de satellites franco-allemands Symphonie est dite stabilisée 3 axes : ils peuvent s’orienter en lacet, roulis ou tangage. Etudions de plus près ces satellites.
Justement, avant la création d’Eutelsat, ces satellites sont nés d’une coopération franco-allemande (RFA s’entend, à l’époque) et couvrent l’Europe, l’Afrique et l’Amérique grâce à une grande antenne de réception et 2 petites antennes d’émission permettant de diffuser des programmes de télévision, radio, téléphone et données et sont censés fonctionner au moins 5 ans. 2 satellites identiques seront lancés, A et B. C devait aussi faire partie de la série mais n’a finalement jamais été lancé. Le lancement devait être effectué par un nouveau lanceur européen, Europa, mais des désaccords entre les pays européens membres entraîne l’abandon de ce projet et les Etats-Unis acceptent de lancer les Symphonie. Symphonie A est lancé le 19 Décembre 1974 et son efficacité est éprouvée avec succès par le Président de la République de l’époque, Valéry Giscard d’Estaing, et le chancelier allemand Helmut Schmidt, qui ont pu échanger leurs voeux de nouvel an par visioconférence relayée par ce satellite ! Symphonie B est lancé le 27 Août 1975. Tous 2 fonctionnent parfaitement, vivent plus longtemps qu’annoncé et leur arrêt est dû à l’épuisement naturel de carburant, le 12 Août 1983 pour Symphonie A et le 19 décembre 1984 pour Symphonie B (par installation sur une orbite « poubelle » puis désactivation). Pour recpetionner et émettre au mieux les télécommunications, les téléports de Rambouillet (Yvelines) et Bercenay-en-Othe (Aube) viennent compléter rsspectivement en 1978 et 1979 celui de Plemeur-Bodou (Côtes d’Armor), qui lui est mis hors service en 1985.
Cette période comblée de succès a permis de préparer encore davantage la télévision grand public et directe par satellite et l’apparition de nouvelles normes de diffusion censées améliorer la qualité d’image et de son avec les satellites suivants : TDF 1 et 2. Toujours sous la coopération franco-allemande, ils sont lancés cette fois de Kourou (Guyane Française) par une fusée Ariane, TDF 1 le 28 octobre 1988 et TDF 2 le 25 Juillet 1990. Basés sur les satellites allemands TVSAT 1 et 2, leur fonctionnement sera fréquemment perturbé par des pannes de transpondeurs, si bien que TDF (Télédiffusion de France) les revend à Eutelsat et finalement peu de téléspectateurs bénéficient des retransmissions, car seuls 3 canaux fonctionnent sur les 5 prévus. les programmes sont retransmis en norme Secam puis D2MAC (mixte numérique-analogique). TDF 1 fonctionne pendant 8 ans, TDF 2 vivra 9 ans. Il n’était donc plus possible de s’en contenter, avec l’augmentation constante des télécommunications internationales et des abonnements à la télévision câblée et satellitaire, que les séries des satellites Télécom 1 (A, B et C) et 2 (A, B, C et D) seules pouvaient combler en se complétant.

Page de Gunther sur les satellites de télécommunication (anglais)

Dictionnaire de l’IEC sur les télécommunications par satellite (dans Index language, choisir French pour l’avoir en français)

Eutelsat

TSE liste de tous les satellites de télécommunication lancés depuis 1964 (anglais)

Satellites Symphonie et TDF

  

 

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